LE PREMIER SEXE [ÉTAPE#1]

Cie Passages

ÉTAPE DE TRAVAIL
LE PREMIER SEXE [Étape#1] - Conférence digressive à vocation humoristique sur un sujet lourd (mais au début je voulais faire du stand-up)
De et avec Mickaël Délis
Co-mise en scène : Elisa Ruschke
Soutien, consultante, bras droit d'écriture : Chloé Larouchi
Création lumière & régie : Lucas Doyen

Simone de Beauvoir a écrit le Deuxième Sexe en 1949.
Pourquoi son bonhomme de Sartre n’a-t-il pas eu l’envie, le cœur ou les couilles de passer son genre au crible de l’analyse et d’écrire un Premier Sexe en écho ?

Pourquoi a-t-il fallu que ce soit cette bite de Zemmour qui s’y colle un demi-siècle plus tard en pondant un torchon misogyne et fasciste *?

Pourquoi papa me raconte-t-il les joies de la sodomie en plein petit déjeuner Ricoré avec une fierté toute déconcertante quand maman devient rouge et bégaie dès qu’il est question de sexualité ?

Pourquoi enfin ai-je eu si peur enfant, adolescent et jeune adulte de ce truc qui pendouillait sans grande gloire entre mes jambes ?

Et si ces injonctions de bander dur et fort H-24, d’être un monsieur muscle qui assure, dirige son entreprise comme sa famille et joue à la guéguerre du soir au matin en voulant baiser tout à la fois femmes, hommes, enfants et monde entier était un concept aussi périmé que celui de la femme passive, fragile et sans jugement autonome, en plus que d’être un impératif furieusement écrasant ? Prérogative jubilatoire ou vertige : c’est quoi être un homme, un garçon, un petit mec en 2018 ?

Balancez vos porcs mesdames – en allant plus loin que la stricte délation qui est aussi stérile qu’un coup d’épée dans l’eau – et balançons quant à nous messieurs les hormones avec lesquelles ces suidés ont été dopés depuis des millénaires de même que notre Histoire, nos religions, nos sociétés qui ont ainsi nourri la fantasmatique et sacro-sainte virilité. Renoncer à des privilèges savamment entretenus depuis des siècles, du moins les interroger pour commencer, sans pour autant promouvoir une campagne de castration internationale sur fond de culpabilité rétrospective avec annulation du genre masculin à la clef – panique pas Eric – voilà un peu du projet. Pour qu'on puisse enfin tous se donner la main sans trembler. Sans polluer d'arrières pensées. Sans cloisonner. (Si les Bisounours sont si mignons et heureux c'est que - tout asexués qu'il sont - ils n'ont pas à se fader la question du genre. Food for thoughts.)

Sans hiérarchie, plus de jouissance (more – pas no more, hein)

Sans logique de pouvoir façonnée par une histoire ultra testostéronnée, pas plus de porcs que de truie à balancer.

Le Premier Sexe est avant tout une question, une tentative de mieux appréhender ce zizi protéiforme érigé en fétiche universel et qui, de machine de guerre, devrait juste retrouver sa condition plus humble de machin de genre. Excroissance sympathique, anecdotique, pratique. Partie indispensable d’un tout mais pas l’inverse. Un organe de 2 à 34 centimètres (en fourchette large) qui sert à faire pipi, des bébés et à jouir. Comme d’autres servent à respirer. Digérer. Ou Réfléchir.

*   Les autres tentatives sont encore plus anecdotiques et hors sujet que la sienne.
Durée : 50 minutes (voire un peu plus si on passe un bon moment)
Tarifs : 16 euros tarif plein // 12 euros tarif médium // 10 euros tarif réduit
(tous les détails dans notre rubrique TARIFS)

Ajoutez à vos agendas